Kepa

« Il existe mille façons d’avoir le blues. Quand le Bayonnais Bastien Duverdier, skateur professionnel, a dû rendre sa planche, vaincu par une maladie nommée spondylarthrite, il a empoigné un dobro (une guitare à résonateur), sorti les griffes et hurlé à la mort sur les tombes des damnés du Missi­ssippi. Mais depuis son premier album, Doctor Do Something (2018), il s’est enfoncé dans les abysses extatiques des antidouleurs, sans se soucier des conventions du genre. Comme halluciné entre rock et blues, Divine Morphine est un album à la dérive. Le lonesome cow-boy du Sud-Ouest, en one-man-band (guitares, harmonicas, claviers, bruitages…), y salue l’esprit profane de Skip James, sur un Hard Time Killing Floor dépressif, escorte plus loin en créole la Sodade (méconnaissable !) de Cesaria Evora au souffle d’une trompette exténuée. Facétieux, imprévisible, il embarque dans son errance métalleuse la hobo Sarah McCoy, qui met en sourdine sa voix de lionne pour chanter avec lui qu’il y a « du plomb dans l’eldorado » . Le spleen demeure, ouateux, noyé de réverbération, tranquillement euphorisant. »

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